Rien ne s'est passé comme je l'avais prévu: je me voyais commencer le travail chez moi, en pleine nuit, dans une atmosphère douce et sereine, à contracter de plus en plus régulièrement et à réveiller finalement mon mari pour pratiquer ensemble les gestes appris en haptonomie, puis, patientant deux bonnes heures, nous rendant au milieu de la nuit à la maternité pour la fin du travail et l'expulsion, que je voulais sans péridurale...

...et bien c'était raté pour l'accouchement "de mes rêves"!

Je me réveille un matin, après une énième nuit écourtée par les multiples arrêts pipi, et, posant le pied par terre, m'aperçois que je perds quelque chose en passant à la position verticale. Masse glaireuse teintée de sang selon la description de ma soeur, il s'agissait bien du bouchon muqueux, ce qui signifie a priori un accouchement dans les trois jours... C'est alors que, descendant les escaliers, je sens couler dans la foulée le long de mes jambes un filet de liquide clair comme de l'eau. La quantité n'est pas énorme, je me demande donc d'abord si je ne deviens pas incontinente puis réalise bêtement qu'il doit s'agir de la poche des eaux qui est en train de se percer... coup de fil à ma soeur pour en avoir le coeur net: OUI, c''est sans doute du liquide amniotique, JE SUIS EN TRAIN DE PERDRE LES EAUX!!!!!!

Il est 9h30, j'appelle illico mon petit mari parti au travail depuis un moment. "Chéri, je crois que j'ai perdu les eaux!".... silence .... "Tu en es sûre?" "Oui, je crois, j'ai perdu le bouchon muqueux puis dans la foulée du liquide amniotique" "Ok, j'arrive!"

Son travail étant à 1/2 heure de route, je décide de me préparer pendant ce laps de temps pour le départ à la maternité, rassemble mes affaires et, avec la plus grande sérénité qui m'a moi même étonnée, prend une douche puis déjeune en me disant que ce repas sera peut être le dernier avant un moment...

Au fond de moi je suis toute excitée de savoir que ce mercredi 13 août 2008, Saint Hippolyte,un de nos prénoms finalistes, sera peut être le jour de la naissance de notre fils!

Ma mère m'appelle, comme tous les matins, pour savoir si je suis toujours fidèle au poste, et moi de lui répondre, très zen et tout en rigolant "J'ai perdu les eaux, je crois qu'on va aller faire un petit tour à la maternité". Elle m'en reparle encore!

Chéri arrive, je suis prête et monte dans la voiture, lui charge les valises, c'est parti pour la grande aventure! Petit coup d'oeil à la maison en partant, empreint de nostalgie, je me dis que la prochaine fois que je reviendrai, ce sera peut être avec un petit bout dans les bras...

Maternité, direction les Urgences, on sonne, une sage-femme nous accueille, m'examine, puis le verdict tombe : "Vous avez bien fissuré la poche des eaux Madame, on vous garde"! Elle m'explique mon hospitalisation dans le service, en m'indiquant que cela consiste à attendre que le travail, donc les contractions se mettent en route naturellement, à défaut de quoi, 24 heures plus tard, on les déclenchera à l'aide d'un tampon vaginal, et, si cela ne fonctionne pas, qu'il sera pratiqué une césarienne 48 heures plus tard. L'épée de Damoclès plane au dessus de ma tête, je prie pour que le travail se mette en route naturellement...

La sage-femme m'indique par ailleurs qu'il existe, suite à la rupture de la poche des eaux, un risque infectieux qui nécessite un traitement sous antibiotique dans les 12 heures après la fissure de la poche.

je sais désormais ce qui m'attend, on me place alors le monitoring sur le ventre pour suivre le rythme cardiaque du bébé et les contractions utérines, qui sont alors et à mon plus grand désarroi, inexistantes...

1er_jour_Auguste_001

Il va donc me falloir patienter, en espérant éviter la césarienne...